La cuisine japonaise du Nouvel An 2 – O-zôni

L’o-zôni est un plat traditionnel japonais que l’on mange au Nouvel An pour souhaiter une année heureuse. C’est une coutume respectée dans tout le pays, sauf à Okinawa. Il en existe beaucoup de variétés selon les régions et les foyers, avec des formes de mochi, des bouillons, ou même des ingrédients différents utilisés.ozoni

On met toujours des mochis dans l’o-zôni pour espérer une récolte abondante et la tranquillité du foyer.  Les mochis sont depuis longtemps pour les Japonais un plat de fête que l’on mange les jours spéciaux. Pour cette raison, quand vient la nouvelle année, on en offre à la divinité, avec d’autres denrées alimentaires. L’o-zôni que l’on mange le 1er janvier constitue ainsi les « restes » de ce que l’on a offert. Quand on mange l’o-zôni, on remercie pour les bienfaits accordés l’année dernière tout en souhaitant qu’ils se renouvellent l’année suivante. Sans o-zôni, les trois jours du Nouvel An japonais ne sont plus la même fête.
Le mot « zôni » signifie à l’origine le fait de faire mijoter ensemble des ingrédients variés.

Origine et histoire :
L’histoire de l’o-zôni est ancienne, et les Japonais en auraient déjà mangé à l’époque de Muromachi au 15e siècle. A cette époque, il était servi lors des banquets de samuraïs en accompagnement du saké, au tout début du repas. Ainsi l’o-zôni était considéré comme un plat mettant le banquet sous d’heureux auspices et sans lequel celui-ci ne pouvait commencer. C’est à partir de cette coutume qu’on se serait mis à en manger le 1er janvier, donc au tout début de l’année.

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Il existe beaucoup de variétés de o-zôni dans tout le Japon.

Mochi (gâteau de riz) :
On a tendance à utiliser des mochis ronds dans la région du Kansai, et des mochis rectangulaires dans la région de Tokyo ainsi qu’au Nord du Japon.
A l’époque d’Edo, la population était concentrée dans la capitale. Pour cette raison, pense t-on, on préférait utiliser des mochis rectangulaires, pouvant être fabriqués en grand nombre rapidement, plutôt que des mochis ronds qui devaient être préparés à la main un par un.
Par contre, dans le Kansai, la coutume était de préparer des mochis ronds, dont la forme évoquerait l’harmonie et porterait bonheur.
Il existe aussi une hypothése qui veut que cette différence dans la forme des mochis entre Japon de l’Ouest et Japon de l’Est soit une conséquence de la bataille de Sekigahara (département de Gifu), survenue en 1600.

 

Valiétés de soupe :
L’o-zôni de la région du Kansai est servi avec du miso blanc. A l’inverse, dans les régions de l’Est et de l’Ouest du Japon (à l’exception de la région de Kinki), on utilise très largement du bouillon clair. Il existe aussi des endroits, comme ceux situés près de la mer du Japon, où l’on mange l’o-zôni avec une soupe aux haricots rouges.

 

Ingrédients :
L’o-zôni utilise des produits régionaux comme ingrédients.
En plus des radis blancs, carottes ou poireaux, on trouve ainsi par exemple, dans le Nord du Japon, des produits de la montagne ou des champignons, à Niigata du saumon ou des œufs de saumon, à Chiba des algues, à Shimane des coques, ou encore à Hiroshima des huîtres etc… En général, dans les villages de montagne, on incorpore des produits de la montagne, et dans les villages côtiers des produits de la mer mais dans certaines zones reculées, on a aussi tendance à mettre dans l’o-zôni des aliments habituellement difficiles à obtenir, comme de la sériole (un poisson) salée,  et ce en l’honneur du repas du Nouvel An.


Tokyo
13
peu nuageux
Kyoto
9
peu nuageux